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BETTY KRAFT - LA FEMININE DE VASSIVIERE

Actualités - Publié le 23 Février 2014 par l'équipe QuadActu

Betty Kraft, est une habituée des podiums en endurance, rallye raid et enduro dans sa catégorie mais pas seulement. Son principal objectif est certes la plus haute marche dans la catégorie Féminine. Cependant son expérience et ses performances, lui permettent de se placer dans les hauts des classements scratch. Vous le savez, les femmes parlent beaucoup, mais lorsque ceci concerne un résumé de course, c'est parfait!
 
 
 
Betty Kraft : Tout d’abord, souvenons nous des pluies diluviennes, des inondations, débordements des cours d’eau records de ces dernières semaines. Même lorsqu’il n’y a pas toutes ces intempéries au préalable, les chemins et les bourbiers de l’enduro de Vassivières sont réputés terribles, gras à croire que ce n’est jamais sec dans cette région….Alors imaginez ce que cela donne en ce moment car là-bas, aussi, il a plu des trombes d’eau dans les semaines précédentes et encore le jour même de la course…
On a été de nombreux pilotes à hésiter à s’inscrire tant nous redoutons ces bourbiers, des vrais pièges même pour les 4 roues motrices, encore plus redoutables avec toute cette eau tombée. Mais bon, l’envie de rouler en enduro et en quad prime sur la raison (c’est plutôt un temps à rester au chaud en regardant auto-moto sur son canapé au coin d’un feu de bois…) !
 
 

 
Pour ma part, mon quad Polaris Outlaw 525 IRS revient du Maroc après 1000 kms de sable. Grosse révision avant Vassivières avec l’aide de mon mari Pierre AUDOIN, on a fait la vidange, changement d’embrayage (celui-çi étant fortement sollicité à Vassivières dans les montées, les bourbiers, vaut mieux qu’il soit en forme), révision du train-avant, changement des rotules, filtre à air, mise en place de supports des ailes arrière à cause du poids de la boue, pneus arrières quasi-neufs (faut que cela accroche dans la boue), serrage de partout…On surveille tous la météo dans les jours précédents…faut clouter ou pas…on attend la dernière minute…Non pas besoin de clouter cette année !!

J’arrive vendredi vers 18h, vérifs administratives et techniques passées sans soucis, sonomètre redouté OK, mon quad est en parc fermé pour la nuit. Briefing général à 20 h avec intervention menaçante de la gendarmerie sur le respect des limitations de vitesse dans les bourgs et sur les routes, consignes et explications des mesures à respecter pour que l’épreuve perdure, le circuit étant dans un parc régional donc protégé, respect des ponts pour passer les rivières, respect du circuit, tapis environnemental obligatoire. A signaler d’ailleurs un système de répression constructif (pour une fois), si un pilote est pris à ravitailler sans tapis, il a une amende forfaitaire de 50 euros avec un tapis environnemental offert, c’est une bonne mesure.

 

Samedi matin, 8h30 départ par la route et retour par la route pour les 2 spéciales dans Royère de Vassivières, la première est une banderollée dans un pré en pente avec passage en sous-bois et montées courtes mais raides avec zone de croisement de pont copieuse. La deuxième se déroule sur le circuit des anciennement 12h de Vassivières, passage dans des trous d’eau, un pierrier, montées, descentes, passage dans les racines et surtout descente de l’escalier en bois des spectateurs…Arrivée trop tard la veille au soir pour faire les reconnaissances à pieds des spéciales, cette descente  d’escaliers m’a paru improbable que je me suis arrêtée pour être sûre que je ne me soit pas trompée de circuit avec une rubalise arrachée… après un rapide tour de tête dans tous les sens, je me suis pas trompée, il faut bien descendre là, impressionnant quand même. Je finis cette matinée 31ème sur 110 quads, je suis satisfaite vue que je ne suis surtout pas une sprinteuse, il me faut au moins 30mn de roulage pour être bien sur mon quad !
Midi départ pour une boucle de 90kms avec un contrôle horaire (CH) vers 45kms et 3 spéciales. Magnifiques chemins avec passages boueux, des bourbiers copieux. J’arrive sur un bourbier, déjà plein de 4 roues motrices plantées en plein milieu, la boue au-dessus des marche-pieds. Une personne du public me crie « passe à droite, la trace la plus à droite »…j’obéis de suite, le public est la plupart du temps de bon conseil, à force de voir passer les quads et de voir où ça se plante. Je passe comme une fleur, derrière très grosse montée…j’arrive tout juste en haut sans caler, très raide quand même là. Une petite pensée à mes amis pilotes piégés dans ce bourbier géant gluant ! Tout se passe bien, je me sors des difficultés sans trop besoin d’aide pour l’instant. J’arrive au ravitaillement et vois Mickaël REVOY encore là alors qu’il devrait être en train de pointer au CH. Je lui crie d’y aller…vite…et j’en perds mon cerveau de blonde…stressée de savoir qu’il allait certainement prendre des pénalités, j’en oublie mon horaire et part sur l’horaire du matin soit 1 mn  après lui alors que je devais partir 8mn après lui cette après-midi…C’est là que prend tout le sens d’avoir une équipe d’assistance dévouée avec un coach qui gère la montre car, étant souvent seule sur les courses, je me fais aider mais sans oser trop en demander, j’essaye de faire le maximum seule et cela a ses limites que j’ai atteinte là. Le pilotage prend beaucoup d’énergie, concentration au maximum sur des pistes ouvertes que l’on ne connait pas avec des pièges à chaque tour de roue, les lunettes avec la pluie, la boue, la buée et les roll-of grippés, on se « tire » sur les yeux pour essayer de voir un peu la piste, le froid et l’humidité jusqu’au plus profond de nous (culotte, chaussettes, tout est trempé)…bref je n’étais plus lucide même si je conduisais parfaitement mon quad, il ne fallait rien me demander de plus..Je prends donc un max de pénalités soit 13mn (7mn de passage trop tôt sur le 1er CH et 6mn de passage en retard sur le 2ème CH car je n’avais pas avancé mon heure de passage puisque je ne m’étais pas rendu compte de mon erreur)… C’est cher payé mais c’est de ma faute, je me place 43ème le samedi soir au lieu d’être 9ème…Suis en colère contre moi, très en colère, tous les efforts de préparation d’une telle épreuve, la préparation de la machine, ce que tout cela coûte en pièces, engagement, essence, la préparation physique (je n’aime toujours pas courir et j’y vais pourtant)… tout ça gaché, moi qui suis si rigoureuse d’habitude, j’ai dégoupillé… j’ai les larmes qui montaient aux yeux samedi soir.

 

Départ 7h44 pour moi dimanche matin pour 160 kms, 5 spéciales, 3 CH…suis toujours en colère mais je veux remonter ce classement quand même. Je pars dans les derniers, seuls 51 quads sur 110 peuvent prendre le départ sur le dimanche. Si je me tanque, pas grand monde derrière moi pour m’aider…Je pars comme une balle, je double tant que je peux…pas pour gagner du temps, il faudra que j’attende mon heure de passage au CH (blonde oui mais pas 2 fois), je double juste pour avoir du monde et de l’aide au cas où…et j’en fais une toute belle…un gros trou d’eau profond au milieu d’un chemin, passage à droite ou à gauche…bon allez à gauche…mauvaise pioche, un peu trop étroit, mon quad glisse dans la marre de boue, gaz en grand mais je n’en sort pas. Heureusement Nicolas PUJOL arrive dans la seconde, j’essaye de décrocher ma corde du bumper pour vite l’accrocher à son quad et ne pas lui faire perdre du temps, j’ai de la boue au-dessus du genou, les bottes sont collées au fond et….je tombe sur le dos en perdant mon équilibre, de tout mon long dans la boue… il a du bien rigolé et moi aussi, c’était le pompom. Par contre va te relever sans mettre les mains dans la boue pour ne pas salir tes gants…Allez vite sortie de ce mauvais bourbier, je roule propre et arrive à trouver des solutions pour sortir des bourbiers (toujours avec l’avis du public quant au passage à prendre ou alors laisser passer un quad pour voir ce que cela donne avant de s’engager) ou des passages techniques plus appropriés aux 4 roues motrices qu’aux 2 roues motrices.
On a eu un long passage dans les pierres à escalader, du sinueux, étroit puis cette double marche encore à monter, je ne suis pas arrivée à la passer l’an dernier, faut passer en force, c’est raide, ça glisse, on sort juste d’un ruisseau…bon pas mieux cette année, je n’aime pas ce coin, enfin si dans l’autre sens, en descente, on l’a déjà fait les autres années, cela me va mieux…Un pilote en Scrambler 850 passe, accroche ma corde et me tracte pendant qu’un autre pilote me pousse…merci aussi à eux. J’ai adoré les 2 spéciales banderollées dans des prés en pente, tout en travers et en glisse au ras des piquets, vraiment grisant. Je me tanque par contre dans l’avant-dernière spéciale, à Royère de Vassivières, une énorme ornière dans un virage au bout du circuit m’a privé d’un temps chrono acceptable, mon quad est  posé, 2 commissaires sont venus m’aider à sortir de ce trou.

 

On croit en avoir fini après les 2 dernières spéciales mais voilà que les flèches à suivre nous renvoient dans les bois pour encore 1/2h de terrain compliqué…allez je me pose encore dans une ornière…grrr…un pilote vient m’aider à pousser le quad, vite sortie encore, merci à lui.
Enfin arrivée, dans le temps encore cette fois. Merci à toutes les personnes et les pilotes qui m’ont aidé au fil du chemin. Merci à Julien, le mécano de Mickael REVOY pour les révisions express et à Maxime COSSON, concessionnaire POLARIS que je ne connaissais pas mais qui m’a aussi largement aidé à l’assistance. Merci à Nicolas NARBUTAS et Bruno DELCHAMBRE, 2 super pilotes sympathiques pour les 2 soirées étapes avec repas festifs. Merci à Mickael REVOY pour son soutien et l’hébergement dans son camping-car.
Rangement de la remorque, des vêtements très sales, petite douche dans le camping-car et longue attente pour la remise des prix car il faut attendre la fin de l’enduro moto pour que le directeur de course récupère les chronos des spéciales. Surprise, je fais 16ème sur la journée de dimanche malgré mon tanquage sur l’avant-dernière spéciale et une belle 22ème place au général, belle remontée. Seulement 27 classés, l’enduro de Vassivières a encore tenu ses promesses. J’aurai pu être 12ème sans ma bourde du samedi, pas grâve, j’ai bien roulé, je me suis éclatée avec mon Outlaw IRS, super machine pour ces conditions et quand on fait l’enduro de Vassivières, on rêve d’abord de le finir. A l’année prochaine avec un coach et une horloge géante.

 


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